mot-du-cure

Ut omnes unum sint !
Que tous ils soient un !

Aujourd’hui, nous entrons dans la grande Semaine Sainte.
Qu’elle est belle cette fête des rameaux !
Quelle joie avons-nous d’acclamer la vie, qui renaît après le temps du désert, nous voici avec cette forêt de rameaux, de palmes pour acclamer notre Dieu, pour chanter notre roi !
Mais faisons bien attention :
comme autrefois la grande et splendide lumière de la Transfiguration du Christ préparait les disciples à supporter la souffrance de la passion, le scandale de la croix,
notre fête des rameaux doit être là aussi comme une préparation, ce n’est qu’un introduction pour un chemin très spécial et d’une particulière importance : le chemin de la mort à la vie.
Dimanche des Rameaux et de la Passion
 
Aujourd’hui nous sommes nombreux comme les foules de Jérusalem,
pour louer et pour glorifier le Seigneur.
Nous ne voulons pas être de simples spectateurs.
Nous voulons le rencontrer, le voir :
Il est beau, son cœur est noble.
Nous avons chanté et voulons crier à Jésus notre amour :
« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ».
Pour l’heure, nos mains brandissent des rameaux
tous neufs, tous verts, une vie renaissante !
 
Mais contrairement aux foules
qui après cette entrée triomphale se sont retirées,
allons-nous accompagner Jésus dans l’angoisse de sa prière de solitude ?
Allons-nous accepter de toucher le bois sec de sa croix ?
Allons-nous supporter les épines de sa couronne …?
Allons-nous laisser le vieil homme pécheur mourir en nous ?
Ou allons-nous abandonner, trahir ou renier ce roi bientôt humilié ?
 
Aujourd’hui il est beau aux yeux du monde, acclamé et traité comme un roi,
nous savons qu’ « il est le plus beau des enfants des hommes »
et il est beau dans ses miracles et dans ses paroles de lumière et de paix.
Il est beau comme un Dieu…puisqu’il est Dieu !
Mais cette semaine
il va nous falloir le découvrir beau aussi dans sa Passion,
revêtu des hardes dans notre pauvre humanité
beau quand il invite au repas de fête
et beau quand il s’abaisse aux pieds de ses disciples comme un serviteur,
beau quand il n’a point souci de la mort
et beau quand il est en agonie à Gethsémani,
beau quand il répond avec vigueur de son identité
et beau dans son silence lorsqu’il est outragé ou calomnié
beau dans sa parole de vérité et beau sous les coups de fouets,
beau revêtu du manteau de dérision et beau exposé nu comme un ver
beau quand il dépose son âme et beau quand il la reprend ;
beau au prétoire, beau sur la croix
beau au sépulcre et beau aux enfers où il descendra chercher Adam
beau au jardin de la résurrection et méconnaissable
beau de sa beauté originelle dans les cieux.
Beau de la beauté de notre humanité enfin réconciliée et pardonnée
Beau de sa divinité dans laquelle il veut nous accueillir
Oui c’est à une saisissante contemplation que nous sommes conviés.
Nous sommes tous attendus pour les célébrations du Jeudi Saint, et son dernier repas, l’adoration de la Croix à l’office du Vendredi Saint,
le silence sépulcral du Samedi Saint jusqu’à la grande espérance de la veillée pascale, pour pouvoir saisir la joie du dimanche de la Résurrection.
La Semaine Sainte est un véritable chemin avec le Christ pour que nous rejoignions tous les vivants qui tombent à genoux et qui proclament :
« Jésus Christ est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père. »
Laissons-nous porter par les prières et notre liturgie vécue tout au long de cette semaine qui est là pour nous affermir dans la foi.
Unissons-nous pendant ces jours et ces heures au Christ
Dans son sacrifice, expression d’un don total et d’un amour infini,
c’est notre vie qui en effet est clouée à la croix avec lui
Notre vie avec ses peines, ses souffrances, ses angoisses, ses doutes et mêmes ses péchés que le Christ a accepté de prendre sur lui.
“C’était nos péchés qu’il portait dans son corps sur le bois”.
Profitons Frères et Sœurs de ce temps de grâce où sont démultipliés les occasions de voir des étincelles de Dieu et recevoir des témoignages de son amour, ses grâces et ses bénédictions.
Belle montée vers Pâques à tous !           Père Eric-Pierre JACOULET